1200 km à vélo en plein hiver à travers plusieurs massifs français
Camille et Antoine de Migratory Bikes sont partis de Grenoble en février 2021 durant 2 mois à la découverte du Vercors, du Diois, des gorges de l'Ardèche et du Tarn !
Couple de Montpelliérains, Camille est infirmière au CHU de Montpellier et Antoine est diplômé d'un doctorat en neurosciences. Tous les deux grands amoureux de nature et de montagne, ils ont aussi une forte envie de les préserver. Les activités de plein air (randonnée, trek, escalade, slackline, ...) sont leur lot quotidien, et voyager à la rencontre de nouvelles cultures et de nouveaux paysages les a toujours fait rêver. Ils nous racontent !
La génèse du projet
Quand on s'est rencontré il y a 4 ans, on a tout de suite parlé de grands voyages et d'escapades dans la nature. Quand l'occasion s'est présentée, on a voulu concrétiser ce rêve de tout quitter pour partir à l'aventure, en imaginant un projet qui nous ressemble. Pour limiter au maximum notre empreinte carbone et aussi se sentir libre d'aller où on veut quand on veut, on a décidé de voyager autrement : à vélo. Mais comme on était plutôt randonneurs et non cyclistes (à part dans la vie de tous les jours pour se déplacer puisqu'on a fait le choix de vivre sans voiture), il nous a fallu bien réfléchir à notre projet et nous y préparer. C'est pour ça qu'on a choisi de vivre une micro-aventure en France, en pédalant cet hiver entre les Alpes et l'Aveyron.
Itinéraire, matériel ...
On est parti de Grenoble (où on a monté nos vélos avec un artisan à partir de cadres acier de récup') pour faire une première boucle en direction de Genève puis Annecy avant de revenir à Grenoble. Puis on est parti en direction du Vercors et du Diois pour aller voir le Mont Aiguille, et on a poursuivi vers les gorges d'Ardèche et du Tarn pour arriver en Aveyron à Villefranche-de-Rouergue. Au total, on a parcouru 1 200 km et 19 000 m de D+ en 2 mois (30j pédalés au total) : la plupart du temps 5 à 7 jours de vélo avec bivouac puis une pause chez des amis ou de la famille et c'est reparti !
Un parcours rude et en hivernal
C'est vrai qu'on a choisi un parcours assez montagneux, et en plus en hiver. Ca peut faire peur à première vue, mais ça a vraiment été un pur bonheur ! Les paysages étaient à couper le souffle : pics enneigés, forêts, plaines, couchers de soleil... On en a pris plein la vue. On avait certes parfois beaucoup de dénivelé, mais malgré notre chargement, on s'est aperçu qu'en y allant à notre rythme, tout était possible.
Et si par moment l'effort est rude, on fait des pauses, on s'écoute, on s'aide, et au final on est toujours récompensés par la nature. Comme on était bien équipés, on n'a pas souffert du froid ou de l'humidité, et on a eu la chance de ne pas avoir une fin d'hiver très rude. En cette période de l'année, il faut une bonne organisation : le soleil tarde à paraître le matin pour réchauffer l'atmosphère, la tente est souvent humide, la nuit tombe vite... Il faut veiller à trouver assez tôt un endroit où passer la nuit, avoir des habits secs à l'abri de l'humidité pour le soir, manger chaud et en bonne quantité, etc...
Et pour la préparation ?
Avant cette aventure en France, on s'est beaucoup préparé sur le plan pratique et matériel, mais pas tellement sur le plan physique. On a passé du temps à choisir notre équipement contre le froid et à monter nos vélos pour apprendre la mécanique et bien connaître nos montures.
En pratique, on était habitués à randonner en autonomie sur plusieurs jours (on avait fait la traversée du Vercors et de la Chartreuse sur 2 semaines l'été dernier). On ne se faisait donc pas trop de soucis pour les bivouacs et l'organisation du campement etc. Pour l'aspect physique, on est tous les deux assez sportifs de base : on se déplace à vélo pour le travail, les courses etc, et on pratique l'escalade en club. On était plutôt confiant dans nos capacités d'adaptation physique, même si les confinements ont joué en notre défaveur comme pour beaucoup !
Une anecdote à raconter ?
Comment en choisir une ? Peut-être avons-nous été plus marqué par notre première nuit passée chez l'habitant.
La première semaine, on a enchaîné les difficultés (problèmes mécaniques, neige, froid, brouillard, pluie). Cela faisait 2 jours qu'on roulait sous la pluie. On s'est abrités dans un village pour manger au sec. On était prêts à repartir quand un homme vient à notre rencontre sur son vélo et nous demande si on sait où dormir. Il nous invite chez lui et sa femme pour nous éviter de poursuivre sous la pluie. On hésite, il n'est que 15h et on a prévu d'avancer un peu plus. Au fil de la discussion, on apprend qu'il est lui-même cyclotouriste et qu'avec sa femme, ils ont entre-autre fait France-Japon à vélo il y a 3-4 ans. On accepte son invitation pour les rencontrer et s'enrichir de leur expérience, et sans regret : on a tout de suite été à l'aise chez eux ! Une magnifique soirée et jamais nous oublierons leur accueil et leur générosité, qui nous ont donné le courage d'affronter les jours de pluie restants avant notre prochaine étape.
Le mot de la fin ?
On a vécu une superbe expérience à travers le voyage à vélo : c'est un excellent moyen de partir à l'aventure tout en restant libre dans le choix de sa destination et de son rythme, un très bon moyen de faire des rencontres, de découvrir ou redécouvrir de magnifiques endroits et de s'immerger dans la nature. N'hésitez pas vous aussi à vous lancer si vous sentez que ça vous appelle, même si vous ne vous sentez pas capable tout de suite ou que vous vous posez beaucoup de questions : à chacun son rythme et son type d'aventure, le reste suivra !
Prolonger l'aventure ...
Camille et Antoine ont fait ce parcours comme un avant-goût d'un projet bien plus grand qui doit les emmener jusqu'au Népal. Partis en juillet 2021, ils sont encore sur la route et ont environ 20 000 km à parcourir au total, une vingtaine de pays et des centaines de rencontres à faire !
Actuellement en Iran, ils racontent leur périple sur leur blog "Migratory Bikes" et leur compte Instagram.

